Mois: juin 2016

Conseil Départemental de l’Education Nationale du 29 juin 2016.

Loi « travail », libertés publiques, réforme du collège, fermetures de classes imposées durant l’année écoulée, menaces de regroupements d’écoles à Commentry et Montluçon … : autant de sujets qui n’étaient pas à l’ordre-du-jour de ce cernier CDEN de l’année scolaire, que nous avons donc abordés dans une déclaration préalable qui, pour nous, n’est pas un rituel, mais une étape vers nos prochaines interventions :

Lors du CDEN du 16 décembre 2015, la FSU Allier avait dans une déclaration préalable mis en garde « les pouvoirs publics et l’exécutif contre la tentation de régler les graves questions sociales auxquelles notre pays est confronté par des solutions autoritaires. « 

Nous étions déjà alertés mais nous ne croyions malheureusement pas si bien dire.

Mais avant d’en venir à la situation politique et sociale alarmante du moment présent, liée à la loi que l’on désigne couramment du nom de la ministre du Travail, nous voudrions souligner l’unité des problèmes rencontrés dans la fonction publique et dans l’enseignement public, relativement à cette situation.

En effet, les réformes accumulées ces dernières années, que l’on devrait plutôt appeler des contre-réformes, ont toutes mis à mal les principes républicains d’égalité devant la loi, devant l’impôt et devant le service public, et ont progressivement fait de la volonté de dialogue social officiellement affichée, une tentative de passer en force, tout en entendant faire des organisations syndicales d’une part, des élus locaux d’autre part, des courroies de transmission, et en les accusant d’être des fauteurs de désordre s’ils ne s’alignent pas.

Depuis la réforme dite des rythmes scolaires, qui a mis à charge des communes, dans des conditions inégalitaires, la question sociale du temps des enfants hors classe, à la réforme dite du collège, qui nous prépare une rentrée agitée, en passant par la réforme territoriale, conférant un pouvoir réglementaire aux présidents de Régions, et fusionnant notre ancienne Région dans un ensemble centré sur la métropole lyonnaise, et par delà les très nombreuses incohérences, une logique commune est à l’oeuvre : celle de la dévolution de missions de services publics à des pouvoirs locaux – qui parfois, comme les maires, n’avaient rien demandé -, et de la dérogation aux droits communs à tous.

La réforme dite du collège, en particulier, instaure l’inégalité dans l’offre de formation entre établissements par le biais des nombreuses fluctuations d’horaires locales, tout en réduisant encore les horaires des disciplines. Au moment où se tient ce CDEN, des collègues, notamment dans le secteur de Montluçon, font grève lors des corrections du brevet. La FSU leur apporte son soutien.

Dans notre département, l’historique déjà riche de rebondissements de la convention sur les écoles, depuis son lancement en septembre 2014, illustre bien cette méthode qui, partant de l’affirmation d’une volonté de dialogue, aboutit à vouloir associer de gré ou de force les élus à une politique qui vise aux regroupements des écoles, et qui à moyen terme « justifiera » des suppressions de postes.

Il s’est avéré en effet que la mise en oeuvre de la convention contractualisant entre Etat et élus les questions de carte scolaire, a commencé par de nombreuses fermetures de classe, avec un solde de -14, favorisant notamment des regroupements d’écoles dans les secteurs urbains.

La double cible, ce sont les petites écoles rurales et à travers elles le tissu des communes, mais aussi les écoles de quartiers dans les villes.

Récemment, le maire de Commentry et l’IEN de circonscripton ont, ensemble, préconisé face aux parents mécontents un regroupement d’écoles qui conduirait à la rentrée 2018 à la fermeture de l’école Pourcheroux. Et la mairie de Montluçon a annoncé la fermeture de l’école Elsa Triolet pour la rentrée 2017.

Le fait que la concertation entre municipalité et services de l’Education nationale soit apparemment absente dans ce dernier cas, à la différence de Commentry, ne change rien à la logique commune de regroupements, qui sera, si elle s’applique, suivie des suppressions de postes et réductions de moyens.

Mais cette différence a une autre explication : la mairie de Montluçon entend installer un établissement privé diocésain d’hôtellerie-restauration dans les locaux de l’école Elsa Triolet, cela alors même que les personnels du LP public de Commentry souhaitent une telle ouverture, et que Mme le Recteur, questionnée par les représentants de la FSU au CAEN d’avant-hier, à déclaré n’avoir reçu aucune demande d’ouverture dans ce secteur à ce jour sur le secteur de Montluçon-Commentry.

Politique publique de regroupements d’écoles, anticipation de celle-ci par certains maires, ouvrent aussi des possibilités de petits cadeaux entre amis en direction du privé (et des fonds et moyens publics vers le privé). Ce sont au contraire les besoins sociaux en offre publique de formation de la maternelle au supérieur qui devraient être redéfinis et défendus à l’échelle d’un tel bassin.

Le contenu de toutes ces politiques pourrait s’appeler, bien que l’on soit dans le secteur public et dans l’Education nationale, « inversion de la hiérarchie des normes », ce qui n’a d’ailleurs rien à voir avec la liberté locale, et conduit tout le monde à s’aligner sur l’économie maxima de moyens.

La loi dite « El Khomri » pousse, dans le monde de l’entreprise, cette logique d’inversion jusqu’au bout en faisant passer l’accord d’entreprise avant l’accord de branche, et même, aux termes de son ahurissant article 1, en prévoyant que des « limitations » aux « libertés et droits fondamentaux de la personne » peuvent être justifiées par « les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise ».

La tentation autoritaire découle logiquement, hélas, d’un tel contenu !

Au jour où se tient ce CDEN, le gouvernement semble avoir renoncé à mettre ouvertement fin au droit de manifester, qui découle de la liberté d’expression, l’un de ces droits fondamentaux. Toutefois, le blocage des accès à la manifestation parisienne d’hier 28 juin, l’empêchement de nombreuses personnes de s’y rendre, l’encerclement de la bourse du travail de Paris et la consigne manifestement donnée aux préfets dans tout le pays de ne pas recevoir les syndicats, sont autant d’éléments qui pourraient indiquer que la tentation du coup de force est toujours présente au sommet de l’Etat.

. Tout au contraire l’impasse actuelle ne saurait être franchie que par le retrait de la loi El Khomri, ainsi que par la suspension de la réforme dite du collège et la reprise de libres négociations à tous les niveaux.

Faute de quoi les mouvements sociaux se poursuivront, notamment à la rentrée prochaine.

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Le Conseil Académique de l’Education Nationale du 27 juin 2016.

Le Conseil Académique de l’Education Nationale (CAEN) est une instance consultative présidée par le Rectorat et la Région ayant notamment à connaître de tout ce qui concerne la carte des formations, avec des représentants syndicaux, des élus, des représentants des différentes administrations. C’est une instance dans laquelle la FSU a coutume d’intervenir abondamment car tous les responsables régionaux s’y trouvent, en principe, réunis. La mauvaise volonté à la réunir de tel recteur antérieur et l’absentéisme de bien des élus en ont généralement rendu le fonctionnement aléatoire – à la différence des Conseils Départementaux de l’Education Nationale, consultés notamment sur la carte scolaire 1° degré. Mais ce lundi 27 juin, le quorum était largement atteint : c’est que tout le monde, quelles qu’en soient les raisons, s’inquiète de connaître sa situation dans le cadre de la « grande » région Auvergne/Rhône-Alpes qui contient trois académies, Lyon, Grenoble et Clermont-Ferrand.

Un exposé de Mme le Recteur a porté sur les conséquences de la fusion des Régions dans l’organisation des services rectoraux et du pilotage des différents domaines de gestion de l’Education nationale et du Supérieur sous l’égide de « COREA », structure groupant les 3 recteurs. Son intention était de rassurer les personnels et les représentants syndicaux, dont la FSU, qui s’étaient inquiétés des risques de mobilité forcée, fusions et regroupements. Affirmant qu’on ne va pas vers une « Agence Régionale de l’Education » et que le service public national est préservé, elle a expliqué que ce sont la « montée en compétence » et la « professionnalisation » des services, participant au défi de « Clermont-Ferrand métropole d’équilibre de la grande région », qui assureront le maintien des personnels. Pour résumer : la mise en oeuvre de la réforme territoriale serait elle-même la garantie du maintien des personnels et des moyens matériels et humains dans l’académie de Clermont-Ferrand.

La FSU et les syndicats nationaux qu’elle fédère, attachés à un service public national et laïque, dont les réformes actuelles s’éloignent de plus en plus, au statut de la fonction publique, au maintien et à l’ouverture de formations publiques diversifiées dans l’ensemble des territoires, ne peut qu’en douter car la réforme territoriale rend justement possible, et pas forcément à long terme, le regroupement des rectorats et la »mutualisation » des moyens et compétences. D’ailleurs, Mme le Recteur n’a pas contredit nos précisions sur le fait qu’un décret exclut que les agents rectoraux soient attachés à un territoire, ni la possibilité théorique qu’il y n’ait pas unanimité entre les 3 recteurs.

Nos quatre représentants titulaires tous présents à cette réunion : Claude Délétang, Patrick Lebrun, Stéphane Zapora et Vincent Présumey (tous deux de l’Allier), sont donc intervenus en ce sens dans les différents points de l’ordre du jour :

Pour la désignation des 4 représentants des personnels de l’Education nationale à la formation spéciale du CAEN en charge de l’examen de ce qui concerne l’enseignement privé, notamment les subventions de fonctionnement et d’investissement, nous nous sommes accordés avec FO, la CGT et Solidaires pour y désigner chacun un représentant. Cet accord entre organisations refusant l’inversion de la « hiérarchie des normes » dans la loi « travail », qui met la loi de l’entreprise au dessus de la loi, est logique s’agissant de la défense du service public laïque. La nouvelle Région s’annonçant « généreuse » dans la distribution de fonds publics au privé, nous seront particulièrement vigilants et nous auront rapidement l’occasion d’y revenir.

Dans une importante déclaration préalable nous avons lié ce qui se passe dans l’enseignement avec les dangers de la loi « travail » et la dérive anti-démocratique actuelle de l’exécutif. Cette déclaration reprend aussi nos interventions sur la formation professionnelle, les campus des métiers, le « plan 500 000 formations », point sur lequel la FSU a obtenue la précision suivante : 10 sections tous niveaux confondus (CAP, Bac, BTS) en direction des métiers en tension seraient ouvertes en Auvergne, et la Formation Continue des Adultes (GRETA). La voici : CAEN du 27 juin

Concernant la carte des formations sur laquelle un avenant était présente, nous sommes notamment intervenus sur les moyens de la plasturgie à Thiers et avons rappelé la demande en Hotellerie-Restauration à Commentry, tout en déplorant le choix politique lourd de ne procéder à aucune ouverture sous statut scolaire en septembre 2016.Mme le Recteur a précisé qu’à ce jour, elle n’a pas eu sur le bassin de Montluçon et Commentry de demandes des établissements publics pour des ouvertures en Hôtellerie-Restauration – alors même que la mairie de Montluçon annonce la fermeture de l’école primaire publique Elsa Triolet pour affecter ses locaux au diocèse dans ce créneau à la rentrée 2017 !

Nous nous sommes abstenus sur le projet d’un « campus Thermalisme », complétant la série des « campus » déterritorialisés, émanations de plusieurs établissements porteurs avec de nombreux partenaires privés, qui pose bien des questions. Et nous avons fortement insisté, rencontrant semble-t-il une écoute rectorale attentive, sur l’inquiétude des personnels des GRETA qui étaient réunis en assemblée générale le 24 juin, et leur nécessaire redynamisation qui pour nous devrait relever d’un service public de la formation continue, et dans l’immédiat de l’Education nationale, et non d’une structure parallèle de type GIP (Groupement d’Intérêt Public).

Ce CAEN à la composition relativement complète a manifesté par sa tenue et ses débats la nécessité du maintien de structures de concertation et de proposition correspondant à l’Auvergne, désormais appelée « région académique », et nous, représentants FSU, espérons avoir contribué à cette démonstration.

 

 

 

 

 

 

Manifestation départementale le 28 juin.

Pour le retrait de la loi El Khomri,

Pour la défense des libertés démocratiques,

La FSU appelle à manifester avec la CGT, FO, Solidaires, l’UNEF et l’UNL.Elle appelle notamment les personnels de l’enseignement public à être là, aux côtés des confédérations, dans l’intérêt général du salariat et aussi parce que l’ « inversion de la hiérarchie des normes » de la loi El Khomri se retrouve dans les attaques portées contre le service public telles que la « réforme » du collège, contre laquelle des collègues avec le soutien du SNES-FSU sont à nouveau mobilisés lors du brevet.

RASSEMBLEMENT A MOULINS PLACE D’ALLIER 15 H.

La manifestation se rendra à la préfecture remettre les votations sur la loi « travail ».

Samedi 25 15h à Franchesse.

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Comme chaque année, mais avec un relief particulier, l’Association laïque des Amis de Pierre Brizon et des monuments pacifistes et républicains de l’Allier organise à Franchesse un hommage à Pierre Brizon, ce samedi 25 juin à 15h.

Pierre Brizon est ce député socialiste qui décida, en 1916, de voter désormais contre les crédits de guerre et qui se rendit à la conférence socialiste internationale contre la guerre et l’union sacrée, en Kienthal, à l’été 1916. ils étaient trois « pélerins », avec Alexandre Blanc et Jean-Pierre Raffin-Dugens. Lui était député de l’Allier et sa tombe est à Franchesse.

Un relief particulier cette année, parce que c’est le centenaire du discours qu’il fit face à une Assemblée nationale vociférante, le 24 juin 1916.

Mais un relief particulier aussi, parce qu’au moment où de soi-disant socialistes, soi-disant républicains, soi-disant démocrates, qui se prennent pour Clemenceau l’homme de la guerre et de l’union sacrée, tentent un coup de force pour mettre fin au droit de manifester, il est bon de rappeler qu’il a aussi existé des Pierre Brizon, pour hier, pour aujourd’hui et pour demain.

Le rassemblement devant la plaque à la mémoire de Pierre Brizon et l’assemblée générale de l’association seront suivis d’un spectacle à la salle de la mairie : « Et pourtant on chantait ! », de Patrick Bourgeon.

La FSU de l’Allier apporte son soutien à cet hommage et invite les éducateurs à ne pas oublier ni laisser oublier que l’histoire de la guerre fut aussi l’histoire de la lutte contre la guerre, et contre l’union sacrée.

http://www.regardactu.com/2016/06/moi-mon-colon-14-18-et-pourtant-on-chantait.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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Retrait de la loi El Khomri, défense des libertés.

Voici le tract intersyndical (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL) Allier appelant aux journées du jeudi 23 juin et du mardi 28 juin, appelant notamment au rassemblements à 17h à Moulins, Montluçon et Vichy le 23 juin et à la manifestation départementale à la préfecture le 28 juin :

tract intersyndical 23 et 28 juin 2016

De plus, comme nous l’avons dit lors de la conférence de presse de ce lundi 20 juin, il s’agit aussi, maintenant, de manifester pour le droit de manifester, pour la liberté d’expression, pour les libertés démocratiques.

http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2016N48903

Pour l’école publique, non aux regroupements.

Le samedi 28 mai dernier, une délégation du Collectif départemental pour la défense de l’école publique s’est rendue au congrès départemental des DDEN (Délégués Départementaux de l’Education Nationale) pour distribuer une adresse aux associations de maires de l’Allier leur disant : retirez votre signature de la « convention école » dont l’application veut déjà dire : 20 fermetures de classes et 14 classes en moins à l’arrivée :  https://fsu03.wordpress.com/2016/05/26/adresse-aux-associations-de-maires-de-lallier/

Les présidents départementaux de l’Association des Maires et de l’Association des Maires ruraux, ainsi que Mme la DAESEN, dont les présences étaient annoncées (et traditionnelles à un congrès de DDEN) ne sont pas venus. Notre délégation a discuté avec plusieurs DDEN confrontés, eux aussi, à la territorialisation de l’école qui voudrait dire leur propre diminution numérique par regroupements.

L’actualité de cet enjeux a été confirmée, quelques jours plus tard, le vendredi 3 juin, à Commentry, où s’est tenue une réunion publique houleuse à l’initiative de la municipalité : la baisse démographique étant jugée inéluctable et, en fait, anticipée voire planifiée, par l’administration, les regroupements d’écoles doivent continuer et il est question de fermer l’école Pourcheroux, à l’horizon de la rentrée 2018, en remplissant jusqu’à 28 élève par classes l’école Busseron.

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Cette réunion fut une leçon de choses : elle a opposé clairement l’immense majorité des quelques 70 participants, parents d’élèves, personnels de l’école publique, au bloc formé par le représentant de l’Etat, l’Inspecteur de circonscription M. Lépineux, et par le maire appartenant à l’opposition de droite, M. Riboulet, unis pour la mise en oeuvre de la politique gouvernementale que, rappelons-le, Mme la DAESEN avait ainsi résumée dans la Semaine de l’Allier du 25 février dernier : « On peut dire que les retraits sur l’urbain sont le premier acte de la mise en oeuvre de la convention. »

Les parents et les habitants des quartiers concernés ne comptent pas en rester là. Pas plus que les habitants de Broût-Vernet n’acceptent la suppression d’une classe. Le SNUIPP-FSU, la FSU départementale et l’ensemble du Collectif maintiennent la revendication d’annulation de toutes les fermetures.

Regroupements, fermetures de classes, suppressions de postes à court terme « convention » ou pas, projets territoriaux inégalitaires de par les « rythmes scolaires » et, bientôt, le big bang destructeur de la « réforme du collège » … tout cela, pour employer un terme à présent connu, c’est bien « l’inversion de la hiérarchie des normes » comme dans la loi El Khomri : le pouvoir local mettant en oeuvre l’alignement par le bas, ici en matière de service public, et du plus important de tous, l’école.

Un Conseil Départemental de l’Education Nationale est convoqué le mercredi 29 juin à 10h à la Préfecture (Moulins).

 

 

Libérez Sentsov et Koltchenko !

Fin 2014 début 2015, considérant que la solidarité internationale est fondamentale pour le syndicalisme, et que les européens que nous sommes ne doivent pas ignorer ce qui se passe en Europe centrale et orientale, la FSU Allier avait fortement contribué au lancement d’une campagne exigeant la libération de prisonniers politiques ukrainiens arrêtés par les services russes suite à l’annexion de la Crimée, d’abord l’anarchiste et défenseur de l’environnement Alexandre Koltchenko, présenté par les tribunaux russes comme un fasciste alors qu’il est l’antifasciste le plus connu de Crimée, et avec lui le cinéaste, internationalement reconnu, Oleg Sentsov (Oleh Sentsiv en ukrainien), défendu par Ken Loach, Bertrand Tavernier, Pedro Almodovar …

Avec eux, deux témoins à charge, Alexei Chirny et l’avocat Guennady Afanassiev, condamnés à 7 ans de camp. Mais Guennady Afanassiev a rétracté son témoignage lors du procès public, délocalisé de Moscou à Rostov (Russie) : il a déclaré avoir été frappé, étouffé sous un masque, avoir alors reçu des injections de vomitif, et des décharges électriques dans les parties génitales (et il en dit plus encore dans le témoignage en lien ci-dessous). Le juge Sergei Mikhailuk a refusé de joindre ces déclarations au dossier …

Le 25 août 2015 Oleg Sentsov et Alexandre Koltchenko étaient condamnés respectivement à 20 ans et 10 ans de camp à régime sévère, pour des actes terroristes imaginaires en connexion avec les « fascistes » qu’ils ont en réalité toujours combattus.

Mais les procès staliniens ne sont plus ce qu’ils étaient : Sentsov et Koltchenko ont démontré la fausseté du dossier d’accusation, récusé le fait d’être jugés en tant que Russes alors qu’ils sont Ukrainiens, chanté l’hymne national ukrainien lors de l’énoncé du verdict et affirmé dans leurs déclarations que leur déportation durerait moins longtemps que le régime en place.

Celui-ci semble commencer à être encombré de ces prisonniers politiques qu’il a voulus et calomniés. Voici quelques semaines, la pilote de l’air Nadejda Savchenko, militante nationaliste ukrainienne détenue et condamnée en Russie, qui n’avait cessé de défier ses juges et d’enchaîner les grèves de la faim, était échangée entre les Etats russe et ukrainien. Voici quelques jours, le 14 juin, Guennady Afanassiev a été libéré, en même temps qu’un ancien directeur d’usine dans l’industrie militaire accusé d’espionnage, Yury Soloshenko. Ils ont été officiellement échangés contre deux journalistes russes accusées d’espionnage en Ukraine après avoir constitué à Odessa un « Conseil des peuples de Bessarabie », Elena Glischinskaya et Vitaly Didenko.

On pouvait penser de Guennady Afanassiev qu’il était, témoin à charge torturé s’étant courageusement rétracté, le plus en péril du groupe des militants de Crimée. Pour l’exécutif russe, sa libération n’annule pas les charges soi-disant retenues contre lui et obéit à des motifs humanitaires en raison de son état de santé – il est atteint d’une grave inflammation contractée et pas soignée dans le camp de Syktivkar, dans le grand Nord (et l’autre prisonnier libéré a un cancer). Il n’empêche que cette mesure est encourageante pour ceux qui combattent pour sortir Sentsov et Koltchenko des camps.

Le 15 juin 2016, le Collectif pour la libération de Koltchenko (1) et pour les libertés démocratiques se réunissait à Paris. Il a envisagé la tenue, le 15 octobre prochain salle Ambroise Croizat à la Bourse du travail de Paris, d’une après-midi débat avec des intervenants français et russes, pour laquelle le cinéaste Ken Loach, qu’on ne présente pas, a été contacté.

(1) Soutenu par les organisations suivantes :  Ligue des droits de l’Homme, Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme, Groupe de résistance aux répressions en Russie, Ukraine Action, Association des Étudiants Ukrainiens en France, Russie-Libertés, CEDETIM – Initiatives Pour un Autre Monde – Assemblée Européenne des Citoyens, Cosmopolitan Project Foundation, Action antifasciste Paris-Banlieue, Collectif Antifasciste Paris Banlieue, Mémorial 98, Union syndicale Solidaires, CNT-f, CNT-SO, Emancipation, FSU, FSU 03, CGT Correcteurs, SUD éducation, SUD-PTT, Alternative Libertaire, Ensemble ! (membre du Front de gauche), L’Insurgé, NPA, Fédération Anarchiste, Critique sociale.

L’honneur du mouvement syndical français sera de reprendre cette campagne, de la relancer, et de contribuer à sa victoire.

Lien vers l’émouvant témoignage de Guennady Afanassiev :

http://uacrisis.org/fr/44409-francais-sans-aucune-chance-gennadiy-afanasiev-et-yuriy-soloshenko

Liens vers nos articles précédents sur ce sujet, sur le site du SNES 03 :

https://snes03.wordpress.com/2015/04/25/liberez-alexandr-koltchenko/

https://snes03.wordpress.com/2015/07/20/466/#more-466

https://snes03.wordpress.com/2015/10/27/interview-tenue-a-loccasion-de-la-reunion-de-solidarite-internationaliste-du-2-octobre-a-moulins/

Site du Collectif Koltchenko :

http://collectifkoltchenko.blogspot.fr/

Sentsov et Koltchenko :

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Mise en garde intersyndicale pour la défense des libertés publiques.

Voici le communiqué, décidé en intersyndicale réunie à Montluçon le mercredi 15 juin, qui vient d’être envoyé aux rédactions départementales de la Montagne et de la Semaine de l’Allier, les médias départementaux étant invités à une conférence de presse intersyndicale à l’UD FO à Montluçon lundi prochain à 11h :

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Toutes les organisations syndicales membres de l’intersyndicale de l’Allier pour le retrait de la loi El Khomri : CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, tiennent à faire savoir que les attaques violentes de l’exécutif et de certains médias et hommes politiques contre la CGT sont des attaques qui visent tout le syndicalisme. Nous sommes solidaires dans cette affaire.
Elles dénoncent notamment les propos du premier ministre menaçant d’interdire les manifestations si la sécurité des personnes et des biens publics n’est pas assurée. Il est en charge de cette sécurité. Cette déclaration vaut donc aveu : en n’assurant pas la sécurité, on se donne le prétexte d’interdire.
Elles dénoncent aussi le trucage grotesque des chiffres de la manifestation nationale du mardi 14 juin.
Face à cette fuite en avant antidémocratique, le syndicalisme défendra les libertés publiques.

Plus que jamais, l’intersyndicale apporte son soutien à tous les salariés engagés dans la grève.

Plus que jamais, elle appelle les salariés à poursuivre le mouvement et à l’amplifier pour obtenir ce, qu’ensemble, et dans la plus totale unité nos organisations syndicales demandent : le retrait de la loi « travail ».

Non aux heures sup gratuites, inutiles et indues pour les agents de collèges.

Voici le message que le SNUTER-FSU 03 a adressé à tous les principaux de collèges le 13 juin dernier :

A MM. et Mmes les Principaux de collèges,

le syndicat SNUTER-FSU (FSU territoriale) souhaite attirer votre attention sur la circulaire du Conseil Départemental demandant aux collèges de rajouter 12,50 heures à l’emploi du temps des agents d’ici à fin juillet.
Notre syndicat, ainsi que d’autres syndicats du Conseil Départemental, ont demandé au président d’annuler cette mesure. En effet :
-elle revient unilatéralement sur l’emploi du temps annuel des agents signé en début d’année dans des conditions administrativement attaquables,
-elle contredit les propos de M. le président du Conseil Départemental tenu en Comité Technique, qui avait précisé que les nouvelles modalités de temps de travail s’appliqueraient aux agents annualisés à partir de septembre 2016,
-elle instaure une inégalité de traitement entre agents des collèges et les autres agents territoriaux,
-elle instaure une inégalité de traitement entre les agents des collèges eux-mêmes car tous n’ont pas bénéficié à ce jour de tout ou partie des « journées du président » dont ces 12,50 heures sont supposées correspondre à la suppression,
-elles sont lourdes à mettre en place et ne répondent pas à un besoin de fonctionnement des établissements,
-beaucoup d’établissement de fait ne les mettent pas en place,
-et il est enfin difficile de dire par quel calcul sont obtenues ces 12h 50.
Pour l’ensemble de ces raisons, que nous avons ou allons notifiées à l’ensemble des personnels, nous vous demandons, M. le Principal, de vous montrer compréhensif envers les agents qui contestent la mise en place de ces 12h 50, qui le cas échéant, ne sauraient raisonnablement, nous semble-t-il, se voir menacés de retraits de salaires.

Veuillez agréer nos respectueuses salutations et l’expression de notre attachement au bon fonctionnement du service public de l’éducation.

Pour le SNUTER-FSU académique : Philippe Duverny, et départemental :  Liliane Robert. Pour la FSU Allier : Vincent Présumey.
06 79 61 68 40.

Le 14 juin, nous y étions, voici ce que ce fut.

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La FSU Allier se félicite des 5471 visiteurs que cet article lui a valu moins de suatre jour après sa publication, et de ceux à venir : elle les remercie, répondra à leurs commentaires éventuels et surtout elle les invite à lire et éventuellement commenter aussi d’autres articles, sur les collègues précaires, AESH, sur les agents des collèges, sur la laïcité …

 

Nous y étions, et nous rentrons ce soir en sachant qu’il fallait y être. La manifestation centrale du 14 juin, ce fut avant tout et essentiellement, sachez-le vous qui viendrez à nous lire après avoir vu tout autre chose à la télé, des centaines et des centaines de milliers de salariés, de jeunes, d’ouvriers, d’employés, de retraités, structurés dans et par leurs syndicats – LEURS syndicats.

Place d’Italie, plus d’une heure avant le départ de la manifestation, c’était à la fois le regroupement par syndicats et le joyeux mélange, entre la CGT du Havre et, impressionnante de force physique et de dignité humaine, la mobilisation des dockers, des marins et de leurs familles, les femmes de ménage FO de Marseille, la FSU d’Ile-de-France et notre escadron d’auvergnats, bourbonnais, vellaves et cantalous, l’Union locale CGT de Valencienne, la CGT de Toyota, de nombreuses délégations d’entreprises présentes en tant que telles, sans oublier ce courageux groupe de militants UNSA du commerce de Paris, en désaccord avec leur organisation sur le travail du dimanche puis sur la loi El Khomri.

Quand la manifestation se met en branle, c’est une formidable impression de force et de combativité, qui lui confère un caractère inédit, celui de tout ce mouvement, nouvelle étape différente de ce que l’on a pu connaître en 1995, 2003, 2006, 2010. A la fois structuré, essentiellement par les unions départementales et locales CGT et CGT-FO, et fraternellement mélangé, avec des mots-d’ordre et pas seulement de la musique, dans une cacophonie totale d’où émerge l’unité d’un refus, un refus porteur d’avenir.

Plus âpre en effet, plus déterminé à continuer, en rupture avec le gouvernement, avec l’ordre existant : c’est sans doute cela ce « cancer syndicaliste révolutionnaire » récurrent en France que dénonçait voici quelques temps le journal Le Point (en l’amalgamant à Jacques Duclos et à … Pétain !), si l’on se rappelle que dans notre pays le syndicalisme est né d’une volonté de sécession, d’auto-affirmation et d’élevation des opprimés. Mais à faire ainsi sécession, ne serions nous pas la majorité ?

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Tout de suite, nous constatons ce fait étrange pour des provinciaux, auquel les manifestants parisiens sont « habitués » si l’on peut dire : le positionnement agressif des forces de police – une agressivité qui n’est pas forcément le fait des fonctionnaires de police ainsi placés mais qui résulte de la volonté politique de ceux qui les commandent, au plus prés de la manifestation, bouclier au sol en position de pré-attaque, ostentible et serrée : vous ne pourrez plus rentrer dans la manifestation, et pour sortir il faudra montrer patte blanche pour quémander l’autorisation, en arrachant tout badge. Ainsi était fourni le terrain de premiers incidents, des groupes de cagoulés, peu nombreux et très mobiles, non identifiables, surgissant pour provoquer ces forces de police en combat singulier, étranger à la mobilisation des centaines de milliers de manifestants. Et immédiatement ces combats se déclenchent, prenant les manifestants en otages, tous bombardés de lacrymos et de gaz de couleur orange. L’une d’entre nous s’est ainsi vu chassée de force de la manifestation, et, après un passage en pharmacie pour ses yeux, s’est vu interdire le retour en manifestation par les rues latérales (les passagers de 30 bus du Nord et du Pas-de-Calais n’auraient pas pu, de même, rejoindre la manifestation !).

C’est l’un de ces groupes non identifiés qui a caillassé l’hôpital Necker pour enfants, fournissant des images que d’autres crétins, tout aussi irresponsables qu’eux, font tourner en boucle en nous accusant, nous, les grévistes et les manifestants, d’avoir attaqué un hôpital pour enfants malades !

Les appels préfectoraux à ce que les manifestants « se désolidarisent des casseurs » sont contredits par l’impossibilité physique, organisée et voulue par la même préfecture de police, faite aux manifestants à échapper au gaz et aux charges dans les situations délibérément gérées dans cette intention. Un manifestant, boulevard Montparnasse a reçu une grenade dans le dos et se trouve dans un état grave.

Cela dit, la grande majorité d’entre nous n’a rien subi d’autre que l’odeur des gaz devant la manif. Etre victime d’une de ces attaques latérales, en réalité peu nombreuses, relevait du hasard malchanceux du petit jeu de la provocation et de la charge de manifestants préalablement coincés dans une nasse, petit jeu qui culmina lorsque la tête de manifestation est arrivée aux Invalides, où le combat singulier entre cagoulés et force de police a bloqué de nombreux cars attendant les manifestants, en endommageant certains.

Un appareil policier qui est capable de ceinturer un million de personnes est en même temps disposé de façon à ce que s’installe en permanence une zone d’insécurité devant la tête de manifestation. Cette étrange gestion de la rue est l’une des innovations de M.M. Valls et Cazeneuve. Aux côtés des Papon, des Marcellin et des Pasqua, ils resteront aussi dans l’histoire pour cela, si ce n’est que pour cela. S’il n’y a pas de morts à ce jour, soyons clairs : ils n’y sont pour rien. C’est la responsabilité des manifestants et d’une partie des fonctionnaires de police qui l’a évité.

Quand, vers 17h, la tête de manif est arrivée aux Invalides, on apprend que la foule est toujours en train de piétiner au point de départ place d’Italie. Ce fait, la densité des rangs dans une large avenue, et la présence de manifestants et de drapeaux dans toute les rues adjacentes malgré le ceinturage des boulevards, et d’ailleurs sans incidents, tout cela rend crédible le chiffre du million, plus 300 000 dans toute la France.

Le choix politique d’annoncer « 125 000 manifestants dans toute la France », en même temps que M. Cazeneuve prétend qu’il « y avait des hordes de manifestants violents »– des hordes, ainsi parle le ministre de l’Intérieur- relève d’une volonté agressive de combat et de déni. Ceux qui y étaient savent, et par le canal de leurs organisations, de leurs collègues, de leurs amis et parents, ils feront savoir. Nous sommes en réalité la majorité.

Pourquoi ce gouvernement fait-il le choix du mensonge, le choix de la violence ? La réponse est donnée par exemple dans les propos du premier ministre rapportés en page 2 du Canard Enchaîné de ce mercredi (la source la plus fiable s’agissant des débats intra-gouvernementaux) : si nous cédons, explique-t-il, la droite au pouvoir n’ y arrivera pas non plus.

En effet. Il s’agit aujourd’hui de faire caler une politique minoritaire, antisociale. Le syndicalisme doit mener cette bataille. La responsabilité, la modération, le réformisme, c’est d’exiger jusqu’au bout le retrait de la loi El Khomri, le retrait de toute la politique qu’elle représente – dans l’enseignement la réforme du collège et la casse de tout ce qui reste d’égalité devant l’instruction – sans craindre que par effet collatéral ce sens syndical des responsabilité ne conduise à l’effondrement de l’exécutif, voire du régime. Les incendiaires irresponsables sont ceux qui voudraient à tout prix les préserver.

Ecrit à chaud et en assumant chaque mot, en ce soir du 14 juin.

Vincent Présumey (secrétaire départemental de la FSU de l’Allier).

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